Assurance-vie vs Livret A : pourquoi les Français déplacent leur épargne et à quoi faire attention

La décollecte du Livret A et le retour en force de l’assurance-vie redessinent l’épargne des ménages. Les encours de l’assurance-vie dépassent 2 100 milliards d’euros, …

Julien JuchereauRédaction Avoir une Assurance · Mis à jour le 19 septembre 2026 · 9 min de lecture
Assurance-vie vs Livret A : pourquoi les Français déplacent leur épargne et à quoi faire attention

La décollecte du Livret A et le retour en force de l’assurance-vie redessinent l’épargne des ménages. Les encours de l’assurance-vie dépassent 2 100 milliards d’euros, portés par les fonds euros et les unités de compte. Résultat: beaucoup se demandent s’il faut laisser l’épargne de précaution sur un livret ou basculer vers un contrat.

Le mouvement est visible dans les chiffres récents: le Livret A a connu une décollecte en juillet 2025, après une autre en avril, pendant que l’assurance-vie atteignait des niveaux plus vus depuis quinze ans. La comparaison est tentante, mais les deux produits ne servent pas les mêmes usages au quotidien: liquidité immédiate d’un côté, enveloppe d’investissement et de transmission de l’autre.

Le sujet dépasse la simple chasse au rendement. Il touche à des questions très concrètes: combien garder disponible pour une dépense imprévue, quand accepter une durée de placement plus longue, et comment éviter de déplacer son argent au mauvais moment.

En chiffres
1,5 %
Taux du Livret A
Depuis le 1er février 2026
2 107 Md€
Encours de l’assurance-vie
Fin 2025 (France Assureurs)
22 950 €
Plafond du Livret A
Hors capitalisation des intérêts
50,6 Md€
Collecte nette assurance-vie
Année 2025
5,93 Md€
Solde Livret A au 1er semestre
Retraits supérieurs aux versements au 30 juin

Livret A: un taux en baisse, des retraits qui dépassent les versements

Le Livret A est un produit simple, liquide, garanti, mais sa rémunération a reculé. Le taux est passé de 3 % (au 1er février 2024) à 2,4 % (au 1er février 2025), puis 1,7 % (au 1er août 2025) et 1,5 % (depuis le 1er février 2026), selon le ministère de l’Économie [3].

Livret A: un taux en baisse, des retraits qui dépassent les versements

Dans le même temps, les flux se sont dégradés. Au premier semestre, les retraits ont dépassé les versements de 5,93 milliards d’euros au 30 juin, un plus mauvais premier semestre depuis 2008, selon une synthèse publiée autour des données de place [5]. Et en juillet 2025, le Livret A a encore subi une décollecte, signalant un désamour qui n’est plus ponctuel [1].

Pour un ménage, la conséquence est immédiate: un Livret A moins rémunérateur rend plus visible le coût d’opportunité, surtout quand l’épargne est importante et immobilisée sans projet à court terme. Mais l’arbitrage ne se fait pas uniquement sur le taux affiché: le Livret A reste une réserve disponible à tout moment, ce qui n’a pas d’équivalent strict dans l’assurance-vie.

Un autre élément pèse dans la comparaison: le Livret A est plafonné à 22 950 euros [1]. Une fois ce plafond atteint, les versements s’arrêtent, ce qui pousse mécaniquement une partie de l’épargne longue vers d’autres enveloppes.

Assurance-vie: des encours au-delà de 2 100 Md€ et une collecte qui accélère

L’assurance-vie a changé d’échelle. Les encours atteignent 2 107 milliards d’euros à fin 2025, d’après France Assureurs (bilan publié le 27 janvier 2026) [3]. Une autre estimation évoque 2 115 milliards d’euros fin mars 2026 [2]. Dans tous les cas, le message est le même: l’assurance-vie reste le premier produit d’épargne financière en France.

Assurance-vie: des encours au-delà de 2 100 Md€ et une collecte qui accélère

Le dynamisme se lit aussi dans la collecte. Une analyse fait état d’une collecte nette de 50,6 milliards d’euros en 2025, puis 19,3 milliards sur le seul premier trimestre 2026 [2]. En parallèle, l’encours net de l’assurance-vie est donné à 2 052 milliards d’euros à fin juin, en hausse de 5 % sur un an [1].

Ce succès repose sur une réalité très concrète: l’assurance-vie n’a pas de plafond de versement, ce qui permet d’y loger une épargne qui dépasse la logique de réserve du Livret A. Elle combine aussi plusieurs usages dans une même enveloppe: investissement long terme, disponibilité via rachats, et préparation de la transmission [3].

La structure des encours éclaire le mouvement. D’après le Rapport sur l’épargne réglementée de la Banque de France, les fonds euros représentent environ 1 550 milliards, contre 538 milliards pour les unités de compte [1]. Résultat: la majorité de l’assurance-vie reste positionnée sur des supports à capital garanti (fonds euros), même si la part des supports plus risqués est devenue significative.

Ce que l’arbitrage change pour l’épargne

Épargne de précaution
Le Livret A et le LEP restent adaptés pour conserver une réserve mobilisable rapidement, quand une dépense imprévue arrive.
Arbitrage rendement
La baisse du taux du Livret A élargit l’écart avec les fonds euros, ce qui pousse une partie de l’épargne longue vers l’assurance-vie.
Risque des supports
Le fonds euros offre une garantie en capital, mais les unités de compte exposent à des variations de valeur, positives ou négatives.
Fiscalité et transmission
L’assurance-vie combine fiscalité dégressive après huit ans et règles de transmission spécifiques, ce qui en fait un outil patrimonial.
Calendrier des taux
Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, ce qui peut modifier l’arbitrage à court terme.

Fonds euros, unités de compte: le vrai match n’est pas seulement le rendement

Comparer Livret A et assurance-vie comme deux produits interchangeables peut conduire à des erreurs de pilotage. Le Livret A suit plus directement les conditions de taux à court terme et l’inflation via une formule réglementaire, avec des révisions au 1er février et au 1er août [2]. À l’inverse, le fonds euros réagit plus tard, ce qui peut lisser les variations et retarder les effets d’une baisse des taux [1].

Sur la performance, certaines sources mettent en avant un rendement des fonds euros autour de 2,6 % [2] ou 2,65 % en 2025 [3], à comparer à un Livret A à 1,5 % depuis février 2026 [2][3]. Dit autrement, l’écart peut devenir visible pour une épargne qui n’a pas vocation à être mobilisée rapidement.

Mais le rendement n’est pas le seul critère. L’assurance-vie peut exposer à des supports en unités de compte, dont la valeur varie à la hausse comme à la baisse, ce qui n’existe pas sur un livret réglementé. Pour une épargne de précaution, la question n’est pas quel produit rapporte le plus?, mais quel produit reste disponible sans risque de perte au moment où l’argent est nécessaire?.

Dans le quotidien, la bonne boussole est souvent l’horizon de dépense. Si une dépense est probable à court terme, la liquidité et la certitude de récupérer le capital pèsent plus lourd que quelques dixièmes de rendement. À l’inverse, si l’épargne n’a pas de destination immédiate, l’assurance-vie offre plus de leviers d’allocation (fonds euros, unités de compte) et de gestion.

Fiscalité et prélèvements: ce que les chiffres changent vraiment

La fiscalité est un autre moteur du déplacement d’épargne, mais elle se lit dans le détail. Une analyse rappelle que l’assurance-vie bénéficie d’une fiscalité dégressive après huit ans et d’un cadre de transmission spécifique, avec jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire au titre de l’article 990 I du CGI [3]. Ces règles expliquent pourquoi l’assurance-vie reste un outil de patrimoine, au-delà de la seule rémunération.

Sur les prélèvements sociaux, une clarification est importante: une source précise que l’assurance-vie a été exclue d’une hausse évoquée ailleurs, et qu’elle reste soumise à une CSG de 9,2 %, pour des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % [2]. Dans la pratique, cela rappelle qu’un arbitrage ne se fait pas seulement sur un taux brut, mais sur ce qui reste après fiscalité, et sur le moment où l’imposition s’applique.

Le Livret A, lui, est souvent recherché pour sa simplicité et sa lisibilité: pas d’arbitrages de supports, pas de question de durée de détention, une réserve mobilisable immédiatement. C’est aussi pour cela que le débat assurance-vie contre Livret A est souvent mal posé: ce sont deux outils, avec des règles et des usages différents.

Qui a intérêt à bouger de l’argent, et qui doit rester sur les livrets?

L’arbitrage dépend d’abord des besoins à venir. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, rappelle que le Livret A et le LEP restent adaptés pour conserver l’équivalent de deux à trois mois de salaire en épargne de précaution [1]. Résultat: pour beaucoup de ménages, la question n’est pas de vider le Livret A, mais de décider ce qui dépasse ce matelas de sécurité.

Le même économiste met en garde contre un transfert trop rapide si une dépense approche: Si vous avez votre voiture à changer dans les prochains mois, n’allez pas vider vos livrets d’épargne réglementée pour mettre ces économies sur votre assurance-vie [1]. Dans la vie courante, c’est un cas typique: une voiture, des travaux, une caution de logement, une facture imprévue. Dans ces situations, la priorité est d’avoir de la liquidité et de la certitude, pas d’optimiser un rendement annuel.

À l’inverse, pour une épargne qui n’a pas vocation à être utilisée rapidement, les arguments en faveur de l’assurance-vie s’accumulent: absence de plafond [1], poids des encours et profondeur du marché [3], diversité des supports [1], et cadre de transmission [3]. Ce sont des avantages structurels, qui expliquent pourquoi l’assurance-vie fait de l’ombre au Livret A quand la rémunération de ce dernier baisse.

Le dernier point à surveiller est le calendrier des taux du Livret A. Une publication évoque une possible hausse au 1er août sous l’effet de l’inflation, d’après une déclaration d’Olivier Sichel, directeur de la Caisse des dépôts [5]. Pour un ménage, cela peut changer l’arbitrage à court terme: un Livret A mieux rémunéré redevient plus compétitif pour la réserve de sécurité, même si l’assurance-vie conserve ses avantages patrimoniaux.

Dans les prochains mois, le sujet restera le même: garder une épargne disponible sur les livrets pour absorber les imprévus, et utiliser l’assurance-vie pour ce qui relève d’un horizon plus long, en acceptant que le choix des supports, fonds euros ou unités de compte, engage un niveau de risque différent.

Livret A ou assurance-vie: l’essentiel

  • Le taux du Livret A est à 1,5 % depuis le 1er février 2026.
  • L’assurance-vie totalise plus de 2 100 Md€ d’encours selon France Assureurs.
  • Le Livret A est plafonné à 22 950 €.
  • Les fonds euros représentent environ 1 550 Md€ d’encours, contre 538 Md€ pour les unités de compte.
  • Philippe Crevel recommande de garder une épargne de précaution équivalente à deux à trois mois de salaire sur Livret A et LEP.

Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

Julien Juchereau
Rédaction Avoir une Assurance

Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Avoir-une-assurance.com, il documente l’assurance emprunteur et l’assurance de prêt immobilier : il compile les fiches standardisées d’information, recoupe les sources officielles et cite ses références. Il n’est pas courtier ni assureur — quand une information n’est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l’inventer.

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