Prêt immobilier : allez-vous profiter de la fin du questionnaire de santé ?

Prêt immobilier : allez-vous profiter de la fin du questionnaire de santé ? Ce que change la loi Lemoine, qui en bénéficie et les limites du dispositif.

Julien FaureRédaction Avoir une Assurance · Mis à jour le 22 juin 2026 · 4 min de lecture
Prêt immobilier : allez-vous profiter de la fin du questionnaire de santé ?
L'essentiel
  • La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé sous conditions.
  • Concernés : prêts jusqu'à 200 000 € par assuré, remboursés avant 60 ans.
  • Le droit à l'oubli est renforcé (5 ans).
  • La convention AERAS complète le dispositif.
  • Comparez quand même : les tarifs varient toujours.

Le questionnaire de santé a longtemps été un passage obligé, et parfois un obstacle, pour obtenir une assurance de prêt immobilier. Les personnes ayant des antécédents médicaux se voyaient souvent appliquer des surprimes, des exclusions, voire des refus. La loi Lemoine a profondément modifié les règles du jeu en supprimant ce questionnaire pour de nombreux emprunteurs. Voici ce qui a changé et ce que cela signifie concrètement pour votre projet immobilier.

À quoi sert le questionnaire de santé

Traditionnellement, l’assureur évalue le risque qu’il prend en couvrant un emprunteur. Le questionnaire de santé, parfois complété d’examens médicaux, lui permet de connaître les antécédents et l’état de santé de l’assuré. Sur cette base, il fixe le tarif, applique éventuellement une surprime ou exclut certaines pathologies de la couverture.

Ce que change la loi Lemoine

La loi Lemoine supprime le questionnaire de santé pour les prêts répondant à deux conditions cumulatives : un montant assuré par personne inférieur à un certain plafond, et un remboursement prévu avant le soixantième anniversaire de l’emprunteur. Pour ces crédits, l’assureur ne peut plus poser de questions médicales ni demander d’examens.

Qui en bénéficie

Cette mesure profite particulièrement aux personnes ayant des antécédents de santé, qui accèdent désormais à l’assurance sans surprime liée à leur dossier médical pour les prêts concernés. Les jeunes emprunteurs et les primo-accedants, dont les projets entrent souvent dans les critères, en sont les premiers gagnants.

Les limites du dispositif

Tous les prêts ne sont pas concernés : au-delà du plafond ou pour un remboursement prévu après 60 ans, le questionnaire reste exigé. Pour les montants élevés ou les emprunteurs plus âgés, l’évaluation médicale demeure donc la règle. Il est important de vérifier si votre situation entre dans le cadre légal.

Le droit à l’oubli renforcé

La loi a également raccourci le délai du droit à l’oubli. Les personnes ayant souffert de certaines maladies, notamment des cancers ou une hépatite C, n’ont plus à les déclarer passé un certain délai après la fin du protocole thérapeutique. Cette avancée facilite l’accès au crédit pour d’anciens malades.

La convention AERAS en complément

Pour les situations qui restent soumises au questionnaire, la convention AERAS continue de faciliter l’assurance des personnes présentant un risque aggravé de santé. Elle prévoit un examen approfondi des dossiers et des solutions adaptées lorsque l’assurance standard est refusée ou trop coûteuse.

Faut-il quand même comparer

La suppression du questionnaire ne signifie pas que tous les contrats se valent. Les tarifs et les garanties varient toujours d’un assureur à l’autre. Faire jouer la délégation d’assurance et comparer les offres reste essentiel pour obtenir la meilleure protection au meilleur prix, même sans formalités médicales.

L’impact sur l’accès au crédit

En levant un obstacle majeur pour de nombreux profils, cette réforme fluidifie l’accès à la propriété. Des emprunteurs auparavant bloqués ou pénalisés peuvent désormais financer leur projet dans de meilleures conditions. C’est une avancée notable en matière d’égalité face au crédit.

Ce qu’il faut retenir

Si votre prêt entre dans les critères, vous échappez au questionnaire de santé et aux éventuelles surprimes médicales. Dans tous les cas, comparez les contrats et vérifiez les garanties. Renseignez-vous sur votre éligibilité dès le montage de votre projet : cette évolution législative peut alléger sensiblement le coût et les démarches de votre assurance.

Attention à la fausse déclaration

Lorsque le questionnaire reste exigé, il faut le remplir avec la plus grande honnêteté. Une omission ou une fausse déclaration, même involontaire, peut entraîner la nullité du contrat ou le refus de prise en charge au moment d’un sinistre, exactement quand vous en avez le plus besoin. Mieux vaut déclarer précisément sa situation, quitte à négocier les conditions, que de risquer de se retrouver sans couverture effective le jour venu.

Anticiper dès le projet immobilier

Pour profiter pleinement de ces nouvelles règles, il est utile de se renseigner dès les premières étapes de votre projet. Vérifiez si le montant et la durée de votre prêt vous rendent éligible à la suppression du questionnaire, et intégrez l’assurance dans votre plan de financement. Une bonne anticipation vous permet de comparer sereinement les offres et d’éviter de découvrir, trop tard, des conditions défavorables qui auraient pu être négociées.

Julien Faure
Rédaction Avoir une Assurance

Julien Faure décrypte l’assurance emprunteur et le crédit immobilier en langage clair. Il aide les lecteurs à comprendre leurs contrats et à comparer les garanties.

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